15 octobre 2013 ~ Commentaires fermés

La permaculture

ButineuseLors des échanges entre participants au débat d’après film « Des abeilles et des hommes », l’un des sujets évoqués pour la défense de la biodiversité fut la permaculture.

Marc Zischka, amapien des Belles fontaines, permaculteur entre autres et apiculteur à ses heures, répond aux questions que nous lui avons posé :

Avant de nous expliquer ce qu’est la permaculture, peux-tu nous dire ce qui t’y a amené ou quel a été ton parcours avant d’en devenir un spécialiste et d’animer des conférences sur ce sujet comme récemment lors du festival annuel de Veneux : « Terre & Avenir » ?

J’ai commencé simplement par jardiner. Et bien sûr sans aucun « additif », c’est à dire dans une pratique qui se rapproche de la bio, à petite échelle, sur une parcelle des Jardins Familiaux, où j’ai eu le bonheur de faire mes premières expériences. Novice en la matière, hormis avoir aidé un peu mes grands parents maternels au jardin pendant les vacances scolaires, j’étais novice en la matière. Je me suis donc informé. Et assez naturellement je suis tombé sur un article de David Holmgren en 2005 : Biomass Fuels From Sustainable Land Use. Quelques temps plus tard, j’ai approfondi le sujet pendant quelques années en autodidacte, surfant sur internet, regardant des vidéos sur le sujet et lisant quelques livres. En mars 2012, j’ai suivi un Cours Certifié de Permaculture pendant 11 jours consécutifs (PDC). Entre temps, j’ai été convaincu que la permaculture est l’une des rares approches en phase avec notre temps, c’est à dire capable de répondre à l’enjeu important du pic pétrolier. A ce sujet je recommande la lecture de l’article « nous mangeons du pétrole » de Dale Pfeiffer pour mieux comprendre de quoi je parle.

D’où vient ce terme permaculture et quel est ce mode de culture ?

Le terme Permaculture a été forgé par Bill Mollison et David Holmgren dans les années 1970.. Au départ, il vient de la contraction des mots « agriculture permanente » (permanent agriculture en anglais. Par extension, il désigne une « culture permanente ». En fait, il s’agit d’un mode de pensée systémique qui vise à concevoir des lieux de vie humains soutenables. Pour cela il faut produire de la nourriture, mais également répondre à tous les besoins primaires des humains (habitat, santé, énergie, transport, économie, lien, social…). Le mot clé est le design : placer les bon éléments au bon endroit en utilisant ce qui est en place (spécificité du lieu). L’idée est de travailler avec la nature et non pas contre elle.

En terme de production alimentaire, il s’agit basiquement de recréer des sols fertiles et de maximiser l’utilisation de l’énergie qui entre sur le lieu (énergie solaire et ses dérivés : eau, vent.
L’agro-écologie et la permaculture ont ceci de commun qu’elles parlent toutes deux de la terre et d’un écosystème mais aussi de dimensions sociales et culturelles. Peux-tu nous préciser pour l’une et l’autre ce que ces concepts recouvrent ?

J’avoue ne pas bien connaître les dimensions sociales et culturelles de l’agro-écologie, si ce n’est la nécessaire réhabilitation des savoirs paysans. Comme l’explique Jean Marc Jancovici dans ses livres C’est Mantenant ! (3 ans pour changer le monde) et Changer le Monde, (Tout un programme), nous assisterons au cours des deux prochaines décennies à une mutation des emplois. La perte d’emplois industriels et agricole (qui ont migré vers le tertiaire) conduira, avec la raréfaction énergétique (ou plutôt le renchérissement du prix de l’énergie) à une mutation du paysage des emplois : le secteur agricole va récupérer beaucoup d’emplois.

Sur le plan agronomique, les deux ont pour point commun de travailler en priorité sur la fertilité du sol et de minimiser le recours aux énergies éléments et leur intégration.  Sur le plan social, la permaculture cherche à favoriser les logiques de responsabilité et de coopération. Le meilleur exemple st sans doute le mouvement des Villes en Transition qu’il a engendré par le biais de travail de Rob Hopkins et ses étudiants à Kinsale en Irlande.

Il semble évident que la permaculture n’ait que des vertus au niveau environnemental, mais qu’en est-il au point de vue économique ? Un agriculteur ou maraîcher peut-il vivre convenablement de son travail en adoptant ce mode de culture ?

Moins d’intrants, moins de machines, moins de crédites donc moins d’intérêts à payer : on peut concevoir des modèles économiques pérennes en théorie. Simplement en pratique la permaculture est récente. et les difficultés d’accès au foncier limitent le nombre d’expériences qui réussissent. En permaculture il s’agit de maximiser le résultat (profit net) et non la production (Chiffre d’affaire), nuance de taille ! C’est tout à fait possible avec une observation fine et une conception bien pensée en amont. Ainsi un agriculteur, à condition de pouvoir lever la tête du guidon, peut tout à fait faire évoluer son mode de production grâce à la permaculture. C’est là que cela devient difficile : il lui faudra du temps pour observer, se former, et en fin de compte changer de regard sur la nature et sa manière de faire. In fine, la bonne action (càd au bon endroit et bon moment)

Quelques conseils inspirés de la permaculture à appliquer dans un jardin ?

Ne pas laisser le sol nu, pratiquer les associations de plantes, favoriser l’action des auxiliaires. Penser en terme de zonnage. Récupérer l’eau. Produire de la biomasse destinée à nourrir le sol, voilà quelques conseils de base. Ensuite on peut aller plus loin en étudiant les principes de la permaculture (plusieurs versions existent).

Une petite bibliographie pour découvrir la permaculture ou compléter cette présentation ?
Et beaucoup d’autres livres en anglais. Deux sont en cours de traduction : Permaculture Design d’Aranya, et Permaculture principles de David Holmgren, à paraître l’an prochain.

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